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Nootropique et concentration : ce que dit le registre européen, et rien de plus

1 October 2026 · TROPIK

Nootropique et concentration : ce que dit le registre européen, et rien de plus

Le registre européen des allégations de santé ne contient aucune phrase autorisée avec le mot « concentration ». Nous l’avons interrogé le 1er octobre 2026 : 27 fiches contiennent le mot, les 27 sont « non autorisées » ; « mémoire », 30 sur 30 ; « vigilance », 8 sur 8. Ce qu’un nootropique a le droit d’écrire sur la tête tient en quelques phrases, réservées à des vitamines et des minéraux : fonction cognitive (zinc, fer, iode), performances intellectuelles (vitamine B5), fonctions psychologiques (huit nutriments). Caféine, taurine, L-théanine, L-tyrosine : zéro. Voici le registre, ligne par ligne, et comment s’en servir devant une étiquette.

Sur le pot, en lettres capitales : « FOCUS · MÉMOIRE · CONCENTRATION ». Dessous, une liste de plantes et d’acides aminés. Vous voulez savoir si c’est vrai, et vous n’avez ni le temps ni l’envie de lire une méta-analyse. Bonne nouvelle : il existe un document officiel, public et gratuit, qui tranche la question en trente secondes pour n’importe quel ingrédient. Mauvaise nouvelle pour le rayon : il dit presque toujours non. Cet article ne vend pas de promesse. Il vous donne la grille avec laquelle la loi lit les promesses, pour que vous puissiez la tenir vous-même.

Le registre européen, en deux phrases

En Europe, un aliment ou un complément alimentaire ne peut revendiquer un effet sur la santé que si cet effet figure, mot pour mot, dans la liste des allégations autorisées. Cette liste est fixée par le règlement (UE) n° 432/2012, après évaluation scientifique par l’EFSA, et elle est consultable dans le registre de l’Union des allégations de santé, avec le statut de chaque demande : autorisée ou non.

Le registre ne mesure pas si un ingrédient « marche ». Il dit si les preuves présentées ont suffi à autoriser une phrase. Mais pour vous, devant une étiquette, la conséquence est simple : une promesse qui n’est pas au registre n’a pas le droit d’être écrite, et celui qui l’écrit vous dit surtout qu’il ne l’a pas lu.

« Concentration » : 27 demandes, 27 refus

Nous avons fait la recherche plein texte que n’importe qui peut faire, sur tous les statuts. Le résultat est sans ambiguïté.

Recherche dans le registre européen des allégations : concentration 27 fiches sur 27 non autorisées, mémoire 30 sur 30, vigilance 8 sur 8 ; aucun de ces mots dans le texte français du règlement 432/2012
Relevé du 1er octobre 2026. Les mots qui vendent le rayon sont ceux que le registre n’a jamais autorisés.
  • « concentration » : 27 fiches, 27 au statut « non autorisée ».
  • « memory » (mémoire) : 30 fiches, 30 non autorisées.
  • « alertness » (vigilance) : 8 fiches, 8 non autorisées.

Nous avons aussi cherché ces trois mots dans le texte français du règlement (UE) n° 432/2012, sur EUR-Lex : zéro occurrence pour « concentration », « mémoire » et « vigilance ». Le vocabulaire qui fait vendre le rayon nootropique est exactement celui que la loi n’a jamais validé.

À retenir : aucune allégation autorisée en Europe ne contient le mot « concentration ». Un produit qui l’écrit comme un effet n’a pas de phrase du registre derrière lui.

Les ingrédients du rayon, passés au registre

Même exercice pour les ingrédients qu’on retrouve le plus souvent sur les étiquettes de nootropiques vendus en France : dans notre relevé de onze produits du 1er octobre 2026, six contiennent de la caféine et sept du bacopa.

Fiches du registre européen par ingrédient : taurine 15, caféine 11, L-théanine 7, L-tyrosine 6, guarana 2, toutes non autorisées ; ginkgo et bacopa sans fiche, en attente
Une case par fiche du registre. Aucune n’est verte.
Capture du registre européen des allégations de santé le 1er octobre 2026 : recherche caffeine, 11 fiches, toutes au statut Non-authorised, dont la vigilance et la performance physique
La capture, telle que le registre l’affiche. La fiche sur la vigilance précise même une dose de 40 à 75 mg par portion : refusée.

La caféine a 11 fiches, dont la vigilance et la performance physique, toutes refusées. Ce n’est pas un manque de dossier : le Parlement européen a mis son veto aux allégations proposées le 7 juillet 2016 (résolution TA-8-2016-0319). La taurine a 15 fiches, toutes refusées, dont une sur la fonction cognitive. La L-théanine, 7 sur 7, dont trois sur la fonction cognitive. La L-tyrosine, 6 sur 6. Le guarana, 2 sur 2. Les promesses d’endurance et de puissance du rayon sport passent au même crible dans nootropique et sport, et la dose de taurine d’un produit est mise en perspective dans 400 mg de taurine, c’est beaucoup ?

Les plantes sont un cas à part. Ginkgo et bacopa n’ont aucune fiche au registre : la Commission a suspendu en 2010 l’évaluation des allégations de plantes, environ deux mille demandes restées « en attente » depuis (Lenssen et de Boer, Frontiers in Pharmacology, 2025). Elles peuvent être utilisées sous conditions pendant cette attente, mais aucune n’a été validée. Quand une page écrit qu’une plante « accroît la mémoire », elle présente une demande en attente comme un fait acquis.

Ce que le registre autorise vraiment pour la tête

Le registre n’est pas muet sur le cerveau. Il autorise une poignée de phrases, toutes construites de la même façon, prudentes et sans pourcentage, et toutes réservées à des nutriments.

Formulations autorisées par le règlement 432/2012 pour la tête : fonction cognitive normale (zinc, fer, iode), performances intellectuelles normales (vitamine B5), fonctions psychologiques normales (huit nutriments), fonctionnement normal du cerveau (DHA)
Libellés recopiés de la version française du règlement. Le mot fort de chaque phrase est « normal ».
La fin de phrase autorisée Pour quels nutriments À quelle condition
« … contribue à une fonction cognitive normale » Zinc, fer, iode Produit au moins « source de » ce minéral, soit 15 % de l’apport de référence par portion
« … contribue à des performances intellectuelles normales » Acide pantothénique (vitamine B5) Au moins « source de » vitamine B5
« … contribue à des fonctions psychologiques normales » Biotine, folates, magnésium, niacine, thiamine, vitamines B6, B12 et C Au moins « source de » ce nutriment
« … contribue au fonctionnement normal du cerveau » DHA (acide docosahexaénoïque) Le consommateur doit être informé que l’effet suppose 250 mg de DHA par jour
« … contribue au fonctionnement normal du système nerveux » Onze nutriments, dont les vitamines B6, B12 et C, le magnésium, l’iode Au moins « source de » ce nutriment

Un détail dit tout de l’esprit du texte : l’eau a sa propre phrase sur la fonction cognitive (« maintien d’une fonction physique et d’une fonction cognitive normales »), à condition d’informer qu’il s’agit d’au moins deux litres par jour. L’eau du robinet a le droit d’écrire « cognitive ». La caféine, non. Ce n’est pas une ironie de juriste : c’est la mesure de ce que l’Europe a jugé prouvé.

Comment s’en servir devant une étiquette

Trois lectures suffisent, et elles prennent moins d’une minute :

  1. Trouver la phrase d’effet. Sur le pot ou la page, repérez la phrase qui promet quelque chose : « améliore la concentration », « mémoire », « focus ».
  2. Trouver à qui elle est attribuée. Si elle est rattachée à la caféine, à une plante ou à un acide aminé, elle n’est pas au registre. Si elle est rattachée à une vitamine ou un minéral, elle doit reprendre l’une des fins de phrase du tableau, avec « normal ».
  3. Vérifier la dose. Une allégation de nutriment n’est permise que si le produit en contient assez : au moins 15 % de l’apport de référence par portion. Une page qui cite le magnésium pour sa promesse doit aussi dire combien il y en a.

Dans notre relevé de onze nootropiques vendus en France, deux pages seulement appuient leur promesse sur un nutriment du registre, et une seule recopie le libellé officiel ; l’autre écrit « performances mentales » là où le règlement dit « performances intellectuelles ». La méthode complète, appliquée aux quatre choses à lire sur une étiquette, est dans le guide pour choisir son nootropique. Où passe la frontière entre complément et médicament, quand une promesse va trop loin, est traité dans nootropique ou médicament : où passe la ligne légale.

Zénith, passé au même registre

Nous vendons Zénith, donc voici sa fiche passée exactement à la même grille. Pour deux gélules : caféine 180 mg (guarana compris), taurine 400 mg, extrait de guarana 60 mg, vitamine C 560 mg, soit 700 % de l’apport de référence, et donc bien au-delà des 15 % exigés.

Un seul actif sur quatre ouvre une allégation : la vitamine C. Nous en recopions une, mot pour mot : « La vitamine C contribue à des fonctions psychologiques normales. » Pour la caféine, la taurine et le guarana, le registre dit non, comme on vient de le voir : nous en donnons la dose, nous ne leur prêtons aucun effet, et nous n’écrivons pas « concentration » comme une promesse.

Pourquoi les avoir mis quand même ? Parce qu’un nootropique, pour nous, c’est d’abord un matin qu’on comprend : quatre actifs, quatre chiffres, deux gélules, 1,00 € par jour (29,90 € les 30 matins), et une seule phrase de santé, celle que la loi permet. Le reste, c’est vous qui en faites quelque chose.

Zénith, le nootropique TROPIK : deux gélules le matin, quatre doses écrites, 1,00 € par jour →

Questions fréquentes

Existe-t-il un nootropique autorisé pour la concentration ?

Aucune allégation autorisée en Europe ne contient le mot « concentration » : au registre, les 27 fiches qui le contiennent sont toutes non autorisées. Les seules phrases autorisées qui parlent de la tête portent sur la fonction cognitive (zinc, fer, iode), les performances intellectuelles (vitamine B5) ou les fonctions psychologiques (huit nutriments).

Comment vérifier une allégation sur un complément ?

Ouvrez le registre de l’Union des allégations de santé sur le site de la Commission européenne, tapez le nom de l’ingrédient en anglais et regardez le statut de chaque fiche. Si la phrase lue sur l’étiquette n’y figure pas comme autorisée, pour cet ingrédient, elle n’a pas le droit d’être écrite.

La caféine a-t-elle une allégation autorisée ?

Non. Le registre compte 11 fiches pour la caféine, toutes non autorisées, dont la vigilance et la performance physique. Le Parlement européen a mis son veto aux allégations proposées le 7 juillet 2016.

Et les plantes comme le ginkgo ou le bacopa ?

Leurs allégations sont « en attente » depuis que la Commission a suspendu leur évaluation en 2010, environ deux mille demandes. Elles n’ont pas de fiche autorisée au registre. Une page qui présente leur effet comme établi présente une demande en attente comme un fait.

Que veut dire « au moins source de » ?

C’est la condition commune à la plupart des allégations de vitamines et minéraux : le produit doit apporter au moins 15 % de l’apport de référence par portion. Sans cette quantité, même une phrase du registre ne peut pas être utilisée.

Sources

Le pot disait « FOCUS · MÉMOIRE · CONCENTRATION ». Vous savez maintenant ce que le registre en pense, et vous savez le vérifier vous-même, pour n’importe quel produit, le nôtre compris. C’est la seule promesse qu’on tient sans réserve : vous n’aurez plus besoin de nous croire.

À lire ensuite

Information générale, publiée par TROPIK. Ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une recommandation thérapeutique. En cas de doute ou de traitement en cours, consultez un professionnel de santé.

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